II  Histoire de Salival de 1140 à nos jours (abbaye des Prémontrés, commune, ferme agricole)

 1) Introduction

Le fondateur de l'ordre des Prémontrés, saint Norbert, est un allemand, né en 1080, à Xanten, dans la vallée du Rhin ; il était cousin de l'empereur Henri IV d'Allemagne .

Un songe lui aurait "pré-montré" l'endroit où il devait créer son premier monastère.

En 1120,  il  fonde alors une communauté et  s'installe avec des compagnons dans l'actuelle forêt de Saint-Gobain près de Laon.
 Quelques années après la fondation, on compte plusieurs centaines de frères, de sœurs et de convers laïcs à Prémontré, et l'abbaye-mère essaime ou s'agrège d'autres monastères déjà existants.

Les chanoines réguliers prémontrés ont  une vocation comtemplative, mettant en commun vie, biens et prières et  servent aussi l'église (aumoneries, paroisses, hotelleries ..), contrairement aux moines.

Entre 1140 et 1157,  Mathilde de Dabo, comtesse de HOMBOURG (morte en 1195) , fonda en Lorraine le monastère prémontré de Salival en faisant don de terres comprenant le hameau nommé Bourmont .

Ces terres faisaient partie des terrres du bailliage (circonscription administrative et judiciaire d'un bailli; baillir signifiant administrer) de l'évêché de Metz, dépendant de l'Empereur germanique.

En effet, Frederic Ier Barberousse reconnut l'existence juridique de Salival dans une charte de 1162 et mis l'abbaye en terre germanique sous sa protection. ( L'empereur avait des liens familiaux avec  Hugues comte de Dabo et de Metz) .

Ce monastère prit le nom de Salival (Salina vallis) car il y avait de nombreuses sources salées dans la vallée de la Seille.

Salival était une importante et trés riche abbaye de l'ordre des Prémontrés .

Elle possédait des terres, des forêts, des moulins.
Mais aussi  des chaudières à sel (en 1268, il est rapporté que l'abbaye de Salival se défait de la saline de Saléaux au profit de l'évêché messin ) ainsi qu'une carrière de gypse qui a fourni le gypse aux élèves de son école de sculpture(cette carrière, abandonnée aujourd'hui, se situe au lieu-dit " les carrières" sous le haut de saint jean à mi-pente) .

Elle possédait des bien entres autres à à Alaincourt, Arracourt, Craincourt, Chateau-Salins, Haraucourt, Juvelise, Marsal, Moyenvic, Oriocourt, Salonne, Tarquimpol, Vic, Xures....

De nombreuses donations (en argent, en terres, en journées de travail), issues tant de paysans que de nobles ou de prêtres qui souhaitaient s'assurer une part de paradis, augmentèrent les revenus de l'abbaye et lui permirent d'agrandir ses terres.

Les abbés de Salival étaient élus.Le droit d'élection de l'abbé par la communauté fut réaffirmé en 1186 dans une bulle du pape Urbain III. 

Salival ne fut jamais soumise au régime de la commende : à la fin du moyen-âge, le système de la commende retire aux communautés le droit d'élire leur abbé au profit du roi, du pape ou de l'évêque : les établissements perdent ainsi leur guide spirituel.

Hugues fut institué le premier abbé. En 1160, il se rendit auprès de l'empereur Frédéric pour obtenir des lettres confirmatives des biens de l'abbaye.

Abbaye-fille de Justemont, Salival reçut une confirmation impériale en 1162 et deux confirmations pontificales en 1180 et 1186.


D'après le R.P. Hugo (1667-1739), abbé d'Etival, une chapelle souterraine dédiée à saint Fiacre existait à Bourmont et les habitants des environs s'y rendaient en pélérinage . On ne connait pas la date de création de cette chapelle.

(Saint Fiacre est le patron des jardiniers ; il est représenté armé d'une bêche.) 

Sur l'emplacement de la chapelle conservée comme crypte fut construite l'église de Salival. Cette abbatiale fut consacrée le 12 mai 1316 par Théodoric, archevêque de Trèves.

Près de soixante abbés se succédèrent à la tête de l'abbaye.

( extraits du livre de l'abbé G. Pierson " L'abbaye de Salival" . Liste des abbés)

Une représentation de l'abbaye de Salival en 1752 faite sous  Pierre Gillet, le 58 ième abbé


Tous ces abbés furent réguliers et non séculiers.

En 1590, les troupes protestantes en garnison à Marsal ont détruit une partie de l'abbaye.
Celle-ci fut restaurée par l'abbé Mathieu Pierson en 1591.

Le dernier abbé fut Etienne, en 1788.

Les décrets du 13 févr. 1790 ont rayé de la carte de l'Europe Occidentale l'ordre de Prémontré.
Il  ne subsista à la suite de la Révolution française qu'en Autriche où se situait l'abbaye de Strahow (Prague)qui joua un rôle important par la suite .


L'église de Salival renfermait de nombreux tombeaux, notamment des comtes de Salm,des chevaliers de Craincourt, d'Oriocourt.

(une fille de Mathilde de DABO , Adelaide, épousa Henri Ier, comte de SALM)

(Personnages importants enterrés dans l'église de Salival)

A la révolution, le 8 thermidor an IV,les biens de salival furent vendus comme bien national en deux lots, lors de la confiscation des biens du clergé .


Aujourd'hui, Salival est situé en France, dans le département de la Moselle  à environ 30 kms de Nancy et 40 kms de Metz, dans la vallée de la rivière Seille au  pays du Saulnois.

Le Saulnois est la zone sud du plateau lorrain.C'est aussi le pays du sel gemme.Vic sur Seille et Marsal qui entourent l'abbaye de Salival sont les plus vieux centres d'exploitation du sel de la vallée de la Seille.

Dessins de Salival et Saint Livier exécutés en 1915

Salival se dresse à 200m en dessous de la chapelle de Saint Livier bâtie sur le mont Saint Jean, entre Vic sur Seille et Dieuze sur la carte du département de la Moselle.



                                                                                        

                           Cliquer sur la carte de France pour zoomer sur le département de la Moselle



 




Depuis, Salival est devenu une exploitation agricole. Il ne subsiste plus de l'abbaye que le logis des moines, l'église ayant été détruite en 1822 en même temps que le cloître.




Une question m'a été posée par un internaute à propos des moines de l'abbaye de Salival , peut-être un autre internaute nous apportera-t-il la réponse :

Lors de recherches sur les terres de l'abbaye de Luxeuil, j'ai trouvé la donation de l'église de Lagarde (Moselle) effectuée par les moines de Luxeuil au profit de l'abbaye de Salival vers 1172.
En consultant internet sur l'abbaye de Salival, il est mentionné que cette abbaye a été construite à proximité d'une chapelle Saint-Fiacre.
Je souhaiterai savoir si les premiers moines de l'abbaye de Salival avaient un lien avec cette deuxième vague monastique irlandaise en Lorraine du XIe au XIIe siècles. Je pose cette question car saint Fiacre était irlandais et les moines de Luxeuil (fondation de l'irlandais saint Colomban vers 590) ont participé au développement de l'influence irlandaise en Lorraine, malgré un monachisme bénédictin bien implanté.
Jacques Prudhon
Président de l'association "Les Amis de Saint Colomban"
jacques.prudhon@wanadoo.fr
www.amisaintcolomban.net

Une première réponse peut être apportée : en effet, l'église de Moyenvic, commune dont dépend Salival, est dédiée entre autre à Saint Colomban et possède une relique de celui-ci.




2) Histoire de la ferme de Salival au cours des siècles, par Patrick Dieudonné 

(texte repris par l' Association des Honneurs Héréditaires  dans son bulletin de décembre 2012).

 Salival : abbaye des Prémontrés, paroisse-commune, puis ferme agricole.

a) L’ABBAYE DES PREMONTRES DE SALIVAL : 1140- 1789

La ferme de Salival , située à 40kms de Metz et à 30 kms de Nancy, dans le pays du Saulnois (en référence au commerce du sel né à la période gallo romaine : ) est établie sur l’emplacement d’une très ancienne abbaye, auprès de laquelle passait l’ancienne voie romaine reliant Metz à Strasbourg.

Aujourd’hui les bâtiments de Salival sont consacrés à l’exploitation agricole de Madame et Monsieur Dieudonné Michel et leur fils Pierre.

Les bâtiments monastiques encore en élévation datent essentiellement du XVIIIème siècle, époque marquée par de grands travaux de rénovation menés par le célèbre architecte Nicolas Pierson.

De cet effort de reconstruction témoigne encore le logis abbatial achevé en 1763, et la porte d’entrée monumentale de la basse-cour. Quant au cœur même de la ferme, l’église abbatiale, elle a été entièrement détruite dans les années 1820, en même temps que le cloître attenant.

Les mobiliers de l’église ont par ailleurs été dispersés : c’est ainsi que l’église paroissiale de Vic-sur-Seille possède la Vierge de Salival datée de 1440, celle de Marsal les gisants des comtes de Salm, et l’église des Cordeliers à Nancy ( sépulture des ducs de Lorraine), les stalles sculptées de Salival ( représentant des anges musiciens) réalisées en 1691, l'orgue de l'abbaye de Salival fonctionne dans l'église de Chateau-Salins.





Vierge à l'enfant de Salival, dans l'église de Vic sur Seille Christ  de Salival, dans l'église de Vic sur Seille Saint Simon  de Salival, dans l'église de Vic sur Seille



Chaire de Salival, dans l'église de Vic sur Seille Orgue de Salival, dans l'église de Chateau-Salins Gisant du comte de Salm, dans l'église de Marsal

Le témoignage le plus ancien de l’implantation monastique à Salival semble être le mur de clôture non remanié depuis sa reconstruction au XVIème siècle, et qui matérialisait symboliquement la fermeture au monde.
L’abbaye Notre-Dame de Salival , est née de la volonté de la Comtesse Mathilde de Salm Hombourg , en 1140, de faire venir dans la vallée de la Seille un groupe de chanoines réguliers issus du monastère prémontré de Justemont.

L’abbaye est née au contact de routes commerciales, terrestres et fluviales, particulièrement prospères à l’époque médiévale, car liées au commerce du sel.

Le fonds de l’abbaye contient 360 actes dont l’origine s’étend entre les XIIème et XVème siècle.

L’histoire de Salival jusqu’au XVème siècle s’inscrit donc dans une remarquable continuité, aucune modification majeure ne vient perturber l’ordre monacal jusqu’aux guerres de religions du XVIème siècle. L’extension du domaine abbatial est en revanche un souci constant jusqu’à la fin du Moyen Age : donations de la noblesse et du clergé , achats , échanges , acensements et transactions financières. L’abbaye jouant au XVème siècle le rôle d’une banque, dont la pratique de l’usure lui est cependant interdite.

Les rentes , dîmes et droits sont autant de redevances qui assuraient à l’abbaye des revenus réguliers en nature et en argent.

Ainsi les possessions abbatiales sont disséminées dans un rayon de 50 kms autour de Salival selon quatre aires géographiques que sont : le domaine abbatial, qui forme la Seigneurie de Salival, la vallée de la Seille, le Saulnois, et la région messine.

Si la majorité du travail manuel des religieux consiste à travailler la terre, l’étape préliminaire à la culture, le défrichement , ainsi que les aménagements hydrauliques et l’entretien des bâtiments( moulins, étangs, églises et bâtiments paroissiaux, granges) , sont des activités auxquelles les chanoines de Salival participent largement.

Les Prémontrés appartiennent aux « ordres agraires » qui défrichent, aménagent, et cultivent eux-mêmes les terres abbatiales, dans le but d’assurer l’autosubsistance de la communauté religieuse. La culture céréalière occupe une place privilégiée dans l’exploitation du temporel de Salival : froment, blé d’hiver, avoine, trémois, blé de printemps, chanvre. Les religieux pratiquent une rotation des cultures selon un assolement biennal alternant cultures et pâtures.

L’importance du domaine viticole détenu par l’abbaye, et proche de l’abbaye, ainsi que la possession de nombreux pressoirs, indique qu’est concentré là l’essentiel de la production de vin de Salival.

Enfin l’abbaye pratique l’élevage ( vaches et moutons, porcs, poissons), comme nombre d’établissements religieux du XII ème siècle.

Mais c’est la production et le commerce de sel ( or blanc) à la saline de Saléaux ( commune de Lezey) qui rendra l’abbaye particulièrement prospère. La production salifère est un véritable enjeu au Moyen- Age : nécessaire à l’exploitation agricole pour la conservation des aliments, et surtout le poisson. La saline de Saléaux a fait l’objet de multiples transactions entre Salival, l’autorité épiscopale, et le duc de Loraine, notamment René II en 1488.

L’abbaye bénéficie ainsi à la fin du Moyen Age d’importantes redevances versées en sel.

Un mot sur l’organisation interne à Salival. De la même manière que le temporel est organisé selon une hiérarchie entre l’abbaye, le centre et les granges, les périphéries, la gestion de ce temporel est divisée de manière rigoureuse entre les religieux ( chanoines, clercs et novices) et les convers ou frères lais, laïcs, et les domestiques.

Le développement de l’abbaye, qu’il s’agisse de l’extension de son domaine, de sa prospérité économique ou de son rayonnement spirituel, n’est pas linéaire. Si des difficultés internes sont apparues entre 1215 et 1260, l’impulsion de la seconde moitié du XIIIème ( 1260-1316) est due principalement à la protection du Comte Henri IV de Salm qu’il dote de droits : passages, pâturages, et de rentes. , politique poursuivie par son fils jean de Salm dés 1292.

En 1313, est consacrée l’église abbatiale dédiée à Notre-Dame-de-la-Nativité par l’archevêque de Trêves, Théodoric. La construction de cet édifice , qui inclut la chapelle souterraine dédiée à Saint Fiacre, préexistante à l’abbaye, a été rendue possible par l’accroissement des ressources abbatiales.

Au XIVème siècle , les fléaux comme les guerres endémiques et dévastatrices, la peste, la crise de l’Ordre des Prémontrés,( qui se traduit à Salival par un conflit d’autorité entre la communauté des religieux, pour la résolution duquel il est fait appel au Duc de Lorraine et du Pape Martin V(en 1420) ) n’épargnent pas l’abbaye tant dans son gouvernement intérieur, que financièrement dans le ministère paroissial des chanoines.

Le XV ème siècle marque pour Salival le retour à l’équilibre : avec deux longs abbatiats de 17 et 29 ans, les plus longs de l’époque médiévale, une croissance importante des achats réalisés par les religieux, et un renouveau spirituel avec la sculpture de la Vierge de Salival, couronnée (haute de 2,11m, et réalisée dans un atelier de Metz entre 1440-1450), devant le portail de l’église abbatiale.
L’importance des actes de nature économique subsistant dans le fonds de Salival ne doit pas cependant occulter la vie intérieure de l’abbaye, entièrement tourné vers le service divin.

Les bâtiments monastiques de Salival sont ainsi le cadre où se développent la vie intellectuelle et surtout la vie spirituelle de la communauté. La vie religieuse occupe une place privilégiée dans le rythme monacal quotidien, ne serait-ce que par l’importance accordée à la célébration des offices liturgiques. A cet effet une abondante bibliothèque comprenant : les Saintes écritures, les ouvrages patristiques, et les livres de théologiens récents y figurent.

Salival est située à proximité d’une chapelle dédiée à saint Livier, martyr originaire de Metz, qui est mort en 451 , décapité par les Huns. Cette chapelle a été très tôt associée à l’abbaye ( qui l’a intégrée dans son domaine à partir de 1166) qui tirait profit du pèlerinage de ce lieu.



La chapelle Saint Livier en haut de la colline Saint Jean Intérieur de la chapelle Saint Livier
Plaque commémorative Tableau représentant Saint Livier

Symboliquement, le lien est d’ailleurs matérialisé par les eaux de la fontaine, jaillissant sous une voûte souterraine, qui vont ensuite alimenter l’abbaye .

Qui plus est , l’histoire du sanctuaire est étroitement associé à celle de Salival, puisqu’en 1590, alors que les troupes protestantes ( calvinistes) de Marsal ravagent l’abbaye, la chapelle est elle aussi détruite . Il ne faut pas négliger l’impact que pouvait avoir le pèlerinage de cette chapelle capable d’attirer 20 000 personnes en 1627 , dont le duc Henri II de Lorraine. Au cours du XVIIème siècle, des guérisons dues aux vertus miraculeuses de la fontaine, attirent des personnes provenant de 27 villes et villages différents dont Nancy pour plus du quart des pèlerins.

Etant des chanoines réguliers, les Prémontrés vivent dans une rupture du monde moins nette que celle des ordres monastiques traditionnels. La dualité monastique et cléricale qui leur est fait, explique un mode d’existence plus ouvert sur le siècle et qui se manifeste par l’encadrement paroissial des villages voisins : incorporés à l’abbaye, ou desservis par les chanoines. En outre ils entretenaient des liens particulièrement féconds avec les comtes de Salm.

Ainsi, durant tout le Moyen Age, Salival a conservé le caractère d’une abbaye née d’une initiative laïque : relativement indépendante vis à vis de la hiérarchie ecclésiastique, qu’il s’agisse de l’autorité épiscopale ou de l’abbaye de Prémontré chef de l’ordre-, son développement est avant tout marqué par l’association avec la famille comtale de Salm.

Les «  parrainages », dons et protecteurs, des comtes de Salm à l’abbaye , s’exercent tout au long des XIII ème siècle et au XIV ème siècle . Les comtes de Salm cherchant à s’installer dans cette région centrale de la lorraine, riche du commerce de son sel . Le XIII ème siècle marquant l’apogée de l’union entre Salival et les comtes de Salm.

Ainsi le blason de salival reprend celui de la branche vosgienne des comtes de Salm, deux saumons adossés d’argent, illustrant la parenté pouvant exister entre la famille aristocratique et l’établissement religieux. L’église abbatiale de Salival devient le caveau familial des comtes de Salm dés le XIII ème siècle jusqu’au XVI ème siècle.

BLASON DE SALIVAL BLASON DE SALM

L’importance stratégique de Salival découle bien de son association avec de grandes familles princières. Les comtes de Dabo sur l’initiative de la fondation de l’abbaye et des premiers dons,, et les comtes de Salm, qui ont présidé au développement de l’abbaye aux XIII ème et XIV ème siècle, et qui s’inscrivent dans la continuité des Dabo.

Salival au XV ème siècle est une abbaye riche et puissante.

Il faudra attendre l’époque moderne pour constater une évolution sensible.

Les comtes de Salm recentrent effectivement leur politique sur les possessions vosgiennes liées à l’abbaye de Senones, et Salival perd son patronage laïc.

Elle s’affirme alors par un dynamisme religieux réel et non démenti jusqu’à la Révolution.

De nombreux personnages importants ont été enterrés dans l’abbaye : des comtes de Salm en nombre importants devant l’hôtel de la croix, notamment Henri IV( mort en 1292) et son épouse Laurette de Blieskastel, des chevaliers en nombre tout aussi importants disséminés entre les différents autels.

D’autres comtes de Salm ont été enterrés prés de l’Eglise, dont Nicolas mort en 1550 et qui défendit Vienne contre Soliman en 1529.

Le comte Jean VIII : baron de Viviers, de Fénétrange, Seigneur de Rappe et de Dom Rémy, Maréchal de Lorraine, et gouverneur de Nancy. Décédé en 1545, il est enterré à Salival avec Louise de Stainville , sa femme . Les deux gisants reposent en la Collégiale St-Léger de Marsal (1222) .



Il est le grand-père de Christine de Salm , héritière du Comté de Salm ( partage du Comté de Salm en 1598) , par son père Paul, comte de Salm et fille unique. Elle épousa en 1597 François II de Lorraine, comte de Vaudémont et duc de Lorraine. Ils eurent 6 enfants dont Marguerite ( 1615-1672), mariée à Gaston de France , duc d’Orléans et frère de Louis XIII.

Et Nicolas François( 1609-1670), dont l’arrière petit fils François III de Lorraine, épousa en 1736 Marie Thérèse de Habsbourg, fille aînée de l’Empereur germanique Charles VI.

Une de leur fille ( ils eurent 16 enfants) Marie- Antoinette épousa Louis XVI, et devint Reine de France.

b) LA COMMUNE DE SALIVAL : 1789- 1888.

Dés le début du XVIII ème siècle Salival était considérée comme un village, donc une paroisse , érigée en commune en 1789. Dés lors, l’abbé de Salival perdit tous ses droits seigneuriaux. Ne possédant plus rien en propre, ils se retira et abandonna toutes ses prérogatives.

En 1790, la communauté comptait encore sept chanoines résidents, dix frères et un convers.

L’abbaye, supprimée en 1791, fut vendue en deux lots le 5 août 1796.

Un projet de transformation de l’abbaye en hôpital militaire a bien été conçu en 1794. Cependant les travaux ne progressent pas et le projet sera enterré en 1796.

Quant à l’église abbatiale, elle avait échappé à la Révolution , mais fut entièrement rasée en 1822. Le village de Salival est clos par un mur continu et ne possède qu’une seule et unique porte.

C’est en 1821, que le domaine de Salival sera vendu dans son ensemble soit 413ha.

Entre 1782 et 1866 la population de la commune de Salival passe de 43 personnes à 84 personnes. Une sucrerie a été fondée en 1807, ce qui a contribué à l’augmentation de la population. Elle a cessé son activité en 1837.

Les registres des délibérations du conseil municipal de Salival restent à l’heure d’aujourd’hui introuvables, cependant quelques rares archives montrent : qu’en 1790 et 1791, le rattachement de la commune, on parle de paroisse, de Salival à une autre commune (Morville) est déjà évoqué. Sur ces deux années, Salival est la commune ou municipalité la plus imposée du District.

En 1793 si des citoyens de Salival participent à la « défense de la patrie », la fourniture de voitures aux convois miliaires pour l’effort de guerre en cours incombe à la commune de Salival.

En 1794 et 1795, une lourde série de réquisitions( blés, avoines, pailles, foins, orges, froments) tombe sur Salival à destination de l’armée de la Moselle, district de Metz, place de Sarreguemines. La même année Salival a son école primaire: le 17 nivôse an III, ou 6 janvier 1794.

En 1797 et 1798, la population comme les ecclésiastiques exerçant le culte à Salival sont très surveillés, eu égard à la qualité de leurs adhésions aux valeurs de la République.

Si en 1804, Salival était considérée comme «  un hameau dans une gorge », ne contenant que trois maisons de ferme, en 1816 un rapprochement avec la commune de Moyenvic est envisagé. En 1819 une vente importante des terres de Salival a lieu à Nancy : le propriétaire devient parisien. Le 16 décembre 1828, un bail de location de 305,23 ha , pour 9 ans est signé ,précisant que le cultivateur demeure à Salival. En 1833 un nouveau propriétaire meurthe- et -mosellan est maitre des lieux.
Ce ne sera qu’en 1886 qu’est proposé en Conseil d’Arrondissement la réunion de la commune de Salival à celle de Morville. Elle deviendra effective le 27 février 1888.

Après 99 années d’existence , la commune de Salival disparaît. Son ban devient une section de Morville-les-Vics.

C’est ainsi que le nom de Salival continuera à figurer sur le cadastre de cette commune jusqu’au 28 décembre 1928, date à laquelle, Salival est définitivement rattaché à la commune de Moyenvic.

c) SALIVAL : UNE FERME AGRICOLE CONTEMPORAINE 


Depuis 1888, jusqu’à aujourd’hui, la ferme de Salival , transformée en exploitation agricole, est dirigée par la famille Dieudonné : Charles : de 1888 jusqu’en 1929, comme métayer, son fils Rémy régisseur, reprendra l’exploitation jusque dans les années 1960.

Lui succéderont Robert Michel et son fils Pierre , actuels propriétaires de la ferme de Salival.(Michel a racheté la ferme aux quatre héritiers du baron Viard)

En quelques dates, le téléphone a été installé en 1900, et la radio en 1938.

Les 5 enfants de Rémy et Georgette, sont tous nés à Salival.

Entre 1939 et 1945, Salival est devenu un centre d’évasion, où 1241 prisonniers de guerre ont pu quitter la zone annexée pour la zone occupée à Arracourt, village à 10kms de Salival.

Après la guerre la ferme s’est beaucoup modernisée, et Robert a été l’acteur principal de la mécanisation.

La surface du domaine agricole de Salival n'a pas varié depuis la révolution, elle  compte aujourd’hui un peu plus de 310ha, de cultures céréalières, de pâturages pour les ovins et bovins en nombre importants à la ferme.


Un pèlerinage a lieu chaque année à la chapelle- construite au XVIIème siècle- de Saint-Livier, le premier dimanche qui suit le 17 juillet. Occupée par deux religieuses depuis 1978, le lieu est tout au long de l’année propice à la méditation et à la prière.


3)l'abbaye de Salival, par Claire Decomps

L'abbaye de Salival

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