I   Salival dans le réseau GALLIA

4) Revue de presse

  
Extrait du journal "le Republicain Lorrain" lors du décès de Robert le 23 juin 2012 :

L’un des plus jeunes résistants et passeur de France vient de s’éteindre à l’âge de 80 ans, à la maison de retraite de Vic-sur-Seille. Né le 12 juin 1932, Robert Dieudonné n’avait que sept ans lorsqu’a éclaté la Seconde Guerre mondiale.

Mais dans ses veines coule déjà le sang des patriotes révoltés. Celui, précisément, qui avait poussé son grand-père Charles à créer un centre d’évasion méthodique dès la défaite française de 1870 pour faire passer la frontière à ceux qui le souhaitaient ; et son père Rémy à perpétuer ce combat en 1939-1945, participant de surcroît à la livraison, via le réseau de renseignement Gallia, d’informations à la BCRA de De Gaulle (Bureau central de renseignements et d’action).

Quelque part entre Château-Salins et Moyenvic, à Salival, dans une ferme située sur un domaine quasi-millénaire ayant appartenu à la Maison de Salm, un véritable réseau de passage en France libre avait été mis sur pied par les Dieudonné.

Ralliant les dix kilomètres jusqu’à Arracourt en Meurthe-et-Moselle, Rémy et son fils Robert ont fait passer des prisonniers français, américains, yougoslaves ou encore polonais par centaines. Le chiffre de 1 241 est avancé. Tandis que Rémy cachait et nourrissait les hommes, son fils se chargeait,entre autres, de les conduire par les forêts du Saulnois jusqu’à un point de la frontière situé entre deux postes douaniers allemands.

Pour ces faits de bravoure, tous deux ont reçu la Légion d’honneur (en 1948 pour Rémy et en 2006 pour Robert), tout comme ce fut le cas de l’aïeul Charles. Une décoration sur trois générations qui, en cela, est déjà exceptionnelle.

Mais Robert Dieudonné a également été décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze à 12 ans, un âge auquel la plupart des jeunes passaient le certificat d’études.

Un an avant, il avait été immatriculé comme agent de liaison du réseau Gallia à Londres sous le numéro 20180 et sous le pseudonyme « Boby Lapin ».

Il n’avait alors même pas onze ans !




Extrait de "La voix du combattant ",novembre 2012 :

LE PLUS JEUNE PASSEUR DE FRANCE N'EST PLUS
Décédé le 23 juin 2012, la cérémonie religieuse de Robert Dieudonné, considéré comme le plus jeune passeur de France, a été célébrée le jeudi 28 juin à 14H30, en l'église Saint-Marien de Vic-Sur-Seille.Son histoire est un véritable roman, elle est inséparable de celle de sa famille et de la Résistance à laquelle chacun de ses membres de cette époque a participé.Né le 12 juin 1932 à Moyenvic, près de Château-salins en Moselle, Robert Dieudonné n'avait que 7 ans lorsque la Seconde guerre mondiale a éclaté.Fils de Rémy Dieudonné et de Georgette (née Delahaye), tous deux agents du réseau Gallia, il n'a pas 11 ans lorsqu'il a été immatriculé à Londres, le 1er mars 1943, sous le numéro 20180 en tant qu'agent de liaison du réseau Gallia sous le pseudo lapin bobby, il est sans doute un des plus jeunes soldats sans uniforme.La famille occupe alors la ferme de Salival, quelque part entre Moyenvic et Château-Salins en Moselle, à une dizaine de kilomètres à peine du village d'Arracourt, en Meurthe-et-Moselle, c'est à dire vers la liberté.
De cette ferme plusieurs fois centenaire ayant appartenu à la maison de Salm, un véritable réseau de passage en France libre a été mis sur pied par les Dieudonné,. Ralliant les 10 kilomètres jusqu'à Arracourt, Rémy et son fils Robert ont fait passer des prisonniers français, américains, yougoslaves, serbes russes, italiens ou polonais par centaines.Le chiffre de 1241 est avancé.Tandis que Rémy cachait et Georgette nourrissait les hommes, leur fils Robert se chargeait, entre autres, de les conduire par les forêts du Saulnois jusqu'à un point de la frontière situé entre deux postes douaniers allemands.De plus, Rémy ( Ledur, son pseudo) et Robert ont récolté et transmis des informations et renseignements sur l'armée allemande pour le BCRA du général de Gaulle (Bureau Central de Renseignements et d'Action) et à partir de 1944 pour les armées françaises et américaines ( 1re armée blindée du général Patton) sur la situation locale de l'armée allemande.Robert a été décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze à 12 ans, un âge auquel la plupart des jeunes passaient le certificat d'études.
Claude Zint, président de la section, au cours de son éloge funèbre, a retracé la vie du défunt et a conclu par ces mots : "Patriote lorrain, malgré son jeune âge, il a toujours fait preuve d'un cran admirable sous l'occupation allemande de 1940 à 1944.Il a secondé son père et sa mère pour l'hébergement des prisonniers évadés, recueillis et cachés dans la ferme familiale ainsi que pour le passage de la frontière, de Moselle en Meurthe-et-Moselle. Il est titulaire de la Légion d'honneur remise le 13 juillet 2006, la croix de guerre avec étoile de bronze, la croix du combattant, la croix du combattant volontaire de la résistance, la reconnaissance de la nation et la médaille de la guerre 39-45 avec barette de la Libération.Membre de la section depuis de nombreuses années, il ne manquait jamais les commémorations arborant avec fierté ses décorations.
Nous renouvelons à sa famille et à toute sa parenté , nos très sincères condoléances.



Un peu d’histoire extrait des "Echos de Moyenvic de 2006" :

Jeudi 13 juillet 2006 a eu lieu à Vic une cérémonie particulière et rare : la remise de la légion d’honneur.
 Le récipiendaire est un personnage bien connu des Moyenvicois : Robert Dieudonné, enfant de Salival et frère de Michel Dieudonné,
 actuel conseiller municipal de Moyenvic.
C’est au cours de la seconde guerre mondiale que Robert Dieudonné, alors âgé d’une douzaine d’années s’est distingué.
 Son père, Dieudonné Rémy, mobilisé le 23 août 1939, se met volontairement à la disposition des unités d’arrières gardes où il est requis comme guide forestier pour sa connaissance parfaite des chemins forestiers de la région. Il aide à la mise en place et à la retraite des derniers éléments chargés du retardement de l’avance allemande en juin 1940.
 Dès juillet 1940 la ferme de Salival servira de refuge pour les nombreux soldats évadés (1200 jusqu’en 1944) Les Allemands ayant rétabli une
frontière gardée comme pendant la période d’annexion (1870-1914), Rémy Dieudonné
passe à l’organisation méthodique d’un véritable centre d’évasion. Son père, Dieudonné Charles aidé par l’instituteur d’Arracourt établi de faux titres de propriétés et de locations de terrains dans cette commune qui lui permettent l’obtention de laissez-passer
frontaliers permanents. Des locations de pâturages à moutons situés à la frontière permettent d’observer les douaniers. Des achats de bois permettent aussi à Monsieur Dieudonné de se rendre officiellement avec voiture et personnel (en partie des prisonniers évadés) dans les forêts frontières pour travailler.
L’hébergement, l’habillement, la préparation des repas et les soins aux évadés malades incombaient à Madame Dieudonné.
 Leur acheminement de Moselle en Meurthe et Moselle avait lieu le plus souvent de nuit à travers champs et en passant la Seille sur des passerelles de fortune. Le trajet aller-retour durait de trois à six heures selon l’obscurité et a été fait des centaines de fois.
 Lors de l’arrivée des troupes américaines en haut de Moyenvic, le 14 septembre 1944, Salival se trouvant dans le secteur défensif allemand de la forêt de bride, Rémy Dieudonné et son fils Robert établirent le contact avec les Alliés pour leur donner toutes les informations nécessaires sur les Nazis (emplacements, effectifs, position des mines, trajets des patrouilles…)
 Ils conduisirent aussi tous deux des blessés dans les premières lignes américaines.

Pour tous ces services rendus à la France, Robert Dieudonné avait été décoré de la Croix de guerre avec citation.
 Son père et son grand-père avaient reçu la Légion d’honneur.
Aujourd’hui c’est à lui de recevoir la distinction




Remarque : Un ouvrage est paru relatant l'histoire de cette famille et les événements survenus à Salival.

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